André Japy

André Japy (1904-1964) est un pionnier de l'aviation, issu de la dynastie industrielle comtoise des Japy. Il a reçu en 1938 de la fédération aéronautique internationale la médaille Louis Blériot pour ses différents exploits.

Ses exploits

  • Le 21 août 1935, le pilote français André Japy effectue dans la journée le trajet Paris - Oslo et retour (14 heures et 45 minutes de vol pour 2 880 km).
  • Le 1er septembre 1935, André Japy effectue dans la journée le trajet Paris - Oran et retour (16 heures et 25 minutes de vol).
  • Le 22 septembre 1935, André Japy effectue dans la journée le trajet Paris - Tunis et retour.
  • 31 juillet 1936 : Le pilote français André Japy relie Paris et Alger en 5 heures et 3 minutes sur un Caudron Simoun. Le retour est effectué en 5 heures et 48 minutes après une escale de 58 minutes à Alger.
  • Le 6 août 1936, André Japy relie Paris et Moscou en 16 heures et 5 minutes avec escales.
  • Le 8 août 1936, André Japy relie Moscou et Paris en 9 heures et 50 minutes sans escale.
  • Le 15 novembre 1936, André Japy relie la France et le Japon en 75 heures et 15 minutes sur un parcours de plus de 14 000 km.
  • Le 26 janvier 1938, le prix Henry-Deutsh-de-la-Meurthe 1937 est décerné à André Japy pour son raid Istres-Djibouti.
  • Record jamais battu : le 15 novembre 1936, il relie Paris - Hanoi en solitaire en Caudron-Renault à 180 km/h.
  • Sur les vieilles cartes du BAC, figure au nord-est de l'atoll une étrange inscription "Piste d'atterrissage Japy (inondable)". Il s'agit d'une zone bien plane sur le platier, recouverte d'eau lors des grandes marées, qui servait de piste d'atterrissage pour le petit avion d'André Japy, qui apportait le courrier.
    André Japy était un ingénieur, fils d’un fabriquant de machines à écrire de renommée internationale. Il était extrêmement méticuleux, un navigateur hors pair et jamais bien mesurer les risques. En 1935, il avait réussi presque le raid en monomoteur Simoun Paris-Tokyo en 1935. En 1946, il se porte volontaire pour venir à Tahiti en se faisant passer comme ingénieur météorologiste.
    Dès l’ouverture de la piste de Faa’a en 1960, André Japy achète un Piper Supercub avec un moteur de 150 chevaux Lycoming. Il a sa propre piste d’atterrissage dans la presqu’île juste au-dessus de Taravao, une bande en herbe de 500 mètres sur 30 mètres de large.Avec son Piper, il effectue un vol et se pose à Anaa sur une surface aménagée sur un motu situé à l’Ouest du motu du village. Il effectue ensuite un vol vers Fakahina et se pose sur la plage côté lagon, sur une piste tellement bien faite par la population que des avions militaires bien plus lourds pouvaient l’utiliser. Sa popularité était grande car il transportait régulièrement de la nourriture ou des malades entre ces îles et Tahiti.La distance de Tahiti est de 550 miles nautiques ce qui représente environ 6 heures de vol avec cet appareil. Il n’a aucun moyen de navigation et navigue uniquement à l’estime, au cap et à la montre. Cependant, il peut mieux préciser sa position en faisant des visées sur le soleil avec un sextant à bulle en fin de trajet. En effet, au départ de Tahiti, il fait systématiquement une route vers la droite de son point de destination pour être sûr avant l’arrivée d’avoir l’île sur la gauche, ou l’inverse, selon la position qu’occupera le soleil à l’heure de son arrivée.
    Quelque temps après, toujours avec le même avion équipé de réservoirs supplémentaires qui lui donnent une autonomie maximum, il fait un vol vers Nouméa qu’il atteindra sans problème. André Japy remplace son avion par un Cherokee 4 avec lequel il tente la traversée Tahiti/îles de Pâques/Santiago. En route, en pleine nuit et pratiquement à la verticale des îles Gambier, il observe une perte de puissance du moteur. Il décide alors de faire demi-tour et atterrit sans encombre à Moruroa. Le filtre à air du moteur s’était partiellement colmaté avec la pluie subie pendant le vol qui avait fait une sorte de pâte de boue avec la terre et la poussière qui étaient projetés sur son appareil au parking juste derrière le stationnement des DC4 au moment du démarrage de leurs moteurs. Le filtre a été remplacé à Moruroa et le Cherokee est rentré sans problème à Tahiti. Le raid n’a plus été tenté.

Anecdotes

29 décembre 1935, 7h01. Saint-Exupéry, accompagné de son mécanicien Prévot, s'envole à bord d'un Caudron-Renault «Simoun». Il va tenter de battre le record d'André Japy, qui, quelques jours plus tôt, relia Paris à Saigon en 3 jours et 15 heures. Dans la nuit du 31 décembre, l'avion s'écrase dans le désert libyen. Commencent alors quatre jours d'errance sans eau ni vivres, avant un sauvetage inespéré.